Sokolov ©Mary-Slepkova

Grigory Sokolov

Piano

Paradoxe vivant à l’ère de l’hyper-médiatisation, Grigory Sokolov est longtemps resté un des secrets les mieux gardés des connaisseurs du piano. Diplômé du Conservatoire de Leningrad, lauréat du Concours Tchaïkovski de Moscou en 1966, ce magistral interprète n’est pas un adepte des confidences sur la place publique.

La nature unique de la musique du moment présent, qui ne peut être répétée à l’identique, est une notion centrale pour comprendre la beauté expressive et l’honnêteté fascinante de l’art de Grigory Sokolov. Les interprétations du pianiste russe, qui dégagent une intensité mystique au concert, naissent d’une profonde connaissance des œuvres qui forment son vaste répertoire. Largement reconnu parmi les amateurs de piano comme le plus grand pianiste d’aujourd’hui, c’est un interprète universellement admiré pour sa force visionnaire, sa spontanéité envoûtante et son engagement de tous les instants au service de la musique.

Grigory Sokolov est né à Leningrad (aujourd’hui Saint-Pétersbourg) le 18 avril 1950. Il commence le piano à cinq ans et entre au Conservatoire de Leningrad où il commence sa formation dans la classe de Liya Zelikhman. Il a ensuite pour professeur Moisey Khalfin. En 1962, il donne son premier récital à Leningrad. En 1965, il gagne le premier prix du Concours national russe, une belle reconnaissance de son talent prodigieux. L’année suivante, on parle de lui en dehors des frontières de l’Union soviétique lorsque, à l’âge de seize ans, il devient le plus jeune musicien de tous les temps à obtenir la médaille d’or au Concours international Tchaïkovski de Moscou. Emil Gilels, le président du jury, sera par la suite un ardent promoteur du jeune Sokolov.

Si Grigory Sokolov fait de grandes tournées de concerts aux États-Unis et au Japon dans les années 1970, son jeu évolue et gagne en maturité loin des projecteurs de la scène internationale. Après l’effondrement de l’Union soviétique, Grigory Sokolov commence à se produire dans les grandes salles et les prestigieux festivals du monde entier. Il joue avec des orchestres de premier plan, notamment le Philharmonique de New York, le Concertgebouw d’Amsterdam, le Philharmonia de Londres, avant de décider de se consacrer exclusivement au récital. Il donne environ 70 concerts par saison, se plongeant entièrement dans un seul programme qu’il présente dans toute l’Europe et au-delà. À la différence de nombreux pianistes, Sokolov s’intéresse au plus près à la mécanique des instruments qu’il joue et à leur préparation avant le concert. « Il faut des heures pour comprendre un instrument parce que chacun a sa propre personnalité, et on joue ensemble », explique-t-il. Économe dans son usage de la pédale, il obtient tout ce qu’il veut avec son incomparable technique digitale, depuis les plus subtiles nuances de sonorité et de texture jusqu’aux contrastes les plus hardis.

Dans ses récitals, il crée un lien étroit entre le public et la musique, dépassant le côté brillant et superficiel des choses pour révéler un sens spirituel profond. Son jeu repose sur les solides fondements de sa personnalité singulière et de sa vision.

En 2014, il signe un contrat en exclusivité avec Deutsche Grammophon.

En janvier 2015 il sort son premier album depuis près de vingt ans. Il est suivi en janvier 2016 d’un deuxième double album, Sokolov – Schubert/Beethoven. Le 3ème album DGG sort en mars 2017, c’est un enregistrement de deux concertos en live : Concerto pour Piano en la majeur K488 de Mozart et Concerto pour piano n°3 de Rachmaninov.

Ces enregistrements d’archives seront publiés avec le DVD du film documentaire A Conversation That Never Was de Nadia Zhdanova, un portrait révélateur de Grigory Sokolov basé sur des entretiens avec les amis et collaborateurs du pianiste et illustré de séquences d’archives privées jamais dévoilées.

Dernière venue : 4 juin 2018 (Haydn – Schubert)