Cuarteto Cedrón

  • Cuarteto Cedrón © DR

Depuis bientôt un demi-siècle, le Cuarteto Cedrón chante les poètes sur des rythmes de tango, de milonga, de valse, de candombe : les poètes contemporains argentins (Julio Huasi, Raúl González Tuñón, Francisco Urondo, Miguel Ángel Bustos, parmi beaucoup d’autres), les poètes de diverses latitudes : César Vallejo, Antonio Machado, Bertolt Brecht, Dylan Thomas… les poètes sans noms d’autres époques : anonymes mayas et aztèques. Le groupe fonde dès leur arrivée en France en 1974 leur résidence permanente qu’il occupera pendant 30 ans avant de reprendre le chemin de Buenos Aires, l’autre chemin… Celui qu’il n’avait jamais tout à fait quitté, source de toutes les inspirations. Un chemin marqué par la rencontre d’une certaine musique et d’une certaine poésie. Un chemin où il est permis de s’engager sans bouger de sa place. Un chemin fait de sons et de paroles. Le répertoire cédronien raconte des petites histoires en vers mis en musique par les quatre musiciens-conteurs : Juan Cedrón (compositeur, guitare et chant), Miguel Praino (violon alto), Román Cedrón (contrebasse), Daniel Cabrera (bandonéon). C’est à ce voyage musical et poétique que le public est ici convié.

Fondé en Argentine en 1964, le Cuarteto Cedrón fuit les premières répressions d’une dictature annoncée pour s’installer à Paris en 1974. Dans ses valises, qu’en presque cinquante ans d’existence il n’aura jamais vraiment posées, il y a la musique et les paroles des poètes sud-américains. Autour de Juan Cedrón, chanteur, guitariste et compositeur et de Miguel Praino au violon alto, lui aussi présent dès l’origine, les musiciens passent un temps, repartent un peu plus loin, changent parfois. Mais l’esprit de cette formation mythique n’aura jamais dévié : les textes des plus grands, de Julio Cortázar à Dylan Thomas, de César Vallejo à Bertolt Brecht, et des compositions qui malgré l’exil, ont toujours su se souvenir de Buenos Aires. Tangos bien sûr, qui dansent sur le bandonéon amoureux de Daniel Cabrera, mais aussi milongas, candombes et rancheras ; ballades, qui s’égrènent avec nostalgie sous les cordes de la contrebasse de Roman Cedron.

Le Cuarteto Cedrón fait un bout de chemin avec Léo ferré, avec Georges Moustaki ou Paco Ibanez, il joue sur des scènes de théâtre, enregistre des musiques de film. Veillant à ne jamais céder aux seules sirènes de la tradition, il a toujours su conjuguer culture populaire argentine et modernité d’un tango ouvert sur son époque. Son dernier album, -le trente-septième !- sur des poèmes de Miguel Angel Bustos est à cette image : celle d’une jeunesse intemporelle qui s’obstine à célébrer les poètes. Cedrón côtoie les voleurs et « les femmes de vie équivoque », il nous parle de douleur, il nous parle de bonheur, il dit l’amour, la mort, le sang et les larmes. Les romances s’entremêlent. La lune danse. Le coeur se dérobe.


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